lundi 8 mai 2017

Ars Moriendi pour les plouks



L’Art de mourir sans faire chier.
Ars Moriendi pour les plouks.
Par
Bertrand Bonnafous PH. D. Métarhétorique


  Le présent ouvrage est humoristique, ironique, sarcastique, dans l’intention de faire rire sans dénigrer et dans le respect de la dignité de la personne humaine.


  L’humour est intrinsèque à la personne humaine, car elle sait qu’ aucun cochon, même décédé, ne doit se faire appeler Napoléon, par son propriétaire.


  Si vous n'avez pas d'humour, allez vous faire soigner.





NDE – vivre sa mort – passer sa vie à mourir ?



  Paradoxe ? Nous sommes face à une évidente aporie : Mort ou vivant, choisis ton camp, camarade ! Certes, en bons camarades, vous allez tenter le plat avant de nourrir vous-même les asticots ; envisager le noumène avant d’être le phénomène. Amen.


  Que se soit une glissade bananière ou une opération chirurgicale bâclée, camarades, vous serez quelques peu anesthésiés en apercevant ce qui vous semble être la Camarde. Si l’on dose au doigt mouillé votre opioïde et vous allez voir Lucie dans la Soupe avec les Démons ! Certains aiment planer au dessus du champ opératoire, ce qui leur donne une vue inédite sur leurs viscères, d’autres préfèrent s’adresser à Aphrodite, et je les comprends.


( Marie-Nicole me souffle dans la plume qu’il nous est «déconseillé » par notre partenaire Raj Sai Baba d’évoquer Mritâsana, Ujjâyin et autres manoeuvres ésotériques X-Files. )


  Vous avez compris : que soit dû à une perte brutale de neurones ou à une bonne défonce, vous ne verrez nullement LA MORT. Vous pouvez néanmoins vous reporter aux thèmes de cet ouvrage qui traitent du Corps Glorieux ou de la navigation en compagnie de notre ami Khárôn.







Les arrières mondes


  Vais-je pouvoir partouzer avec mille paires de Saints ? Jouer à la balle avec les kerubīm ? Devrais-je attendre que mes restes s’extirpent de mon cercueil ignifugé pour aller dévorer les cerveaux des mécréants ? (Une morsure d’un corps glorieux ISO/CEI 27011 = 69 Psaumes d’un missionnaire de niveau 3. )






  Le bouddhiste se retrouve donc dans une situation périlleuse, il a beau préparer sa mort, mener un ascétisme raisonnable, si un fâcheux lui fracasse le crâne afin de lui dérober son kasāva, certes subtilement chiquandouillard, notre pauvre méditant se retrouve avec un malus spirituel susceptible de le réincarner en bousier voire en professeur d’EPS.




Le selfie de la mort

  Vous n'êtes sans doute pas si beauf et savez qu'en plus de monopoliser d’inutiles secours, ceci est ridicule. Visitez donc les réseaux sociaux si vous ne nous croyez pas.






Mourir à table chez les autres... Quel manque d'élégance.



  Il est de bon goût d’attendre le dessert pour ne pas gâcher un moment convivial ni offenser la maîtresse de maison. Patientez et vous pourrez amuser la tablée en sombrant dans une tarte à la crème ou signaler avec panache que vous avez la fève ! Avouez que de laisser votre dentier dans l’osso bucco risque de couper l’appétit de vos convives.





La mort alité


  Nous penserons aisément à la mort mouillée de Marat, qui sans Jacques-Louis David ne serait pas plus classe qu'une autre.


  Même incontinent, intubé, vous pouvez avoir la royal touch de vous faire occire au lit. Cela demande bien évidement une vie de labeur à vous faire des ennemis, mais à votre œil soudainement éveillé, nous pouvons compter sur ceux-ci.








La mort de vieillesse


  Classique et respectable, mourir vieux ne vous autorise pas à ruiner la jeunesse des autres avec votre spleen - surtout si vous n'êtes doté d'aucun talent artistique. Même les poètes sont pénibles à ruminer la perte de leurs légumes. Pensez aux autres ! Vos obsèques n'en seront que plus joyeuses !






S’assurer de la mort du décédé. Position latérale de sécurité


  Si vous n’êtes pas en possession du Brevet National de Premiers Secours, auquel cas vous seriez obligé de secourir l’individu (du latin succurrere) , décédé ou pas, positionnez λ, ou Napoléon, en P.L.S. : Position latérale de sécurité. Puis composez le 12 sur le cadran du téléphone le plus proche. Si ce numéro ne répond pas ou si vous ne vivez plus en 1985, composez le 15. Il est inutile d'interpeller les passants : vous vous êtes mis dans cette galère tout seul - toute seule si vous vous prénommez Joséphine ou ώ. Ne touchez plus au corps de λ - vous pourriez attraper des mycoses - et patientez. Chantonner « Mon beau sapin » sera apprécié de tous.





A suivre... car vous n'avez pas fini de mourir



* Être mort aujourd’hui : mourir hier et aujourd’hui


Merci à Patrick Ducas de la Veret pour son aide pratique et son chaleureux soutien.

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artworks © bertrand bonnafous